vendredi 23 avril 2010

Les nominations partisanes au cœur de la corruption libérale

Décidément, les rebondissements de la politique provinciale n’ont pas fini de nous étonner. La controverse au sujet des nominations judiciaires et l’influence des grands argentiers du parti libéral dans ce processus opaque alimentent le sarcasme populaire au sujet de l’intégrité de l’appareil judiciaire et des sociétés d’état. Après la sortie publique de l’ancien ministre de la justice Marc Bellemare relativement à l’influence malsaine des collecteurs de fonds du parti libéral sur les nominations à la magistrature et des mandarins de l’état, nous sommes en droit de questionner s’il existe un gouvernement parallèle qui dans l’ombre dicte la ligne de conduite aux élus.

Alors que l’Affaire Bellemare alimente la machine à rumeurs, nous apprenons qu’un ancien juge de la cour du Québec, du nom de Guy Bisson, métamorphosé en organisateur du parti libéral dans l’Outaouais et prolifique collecteur de fond, a informé son député, Norm MacMillan, du fait que son fils, alors procureur de la couronne, avait soumis sa candidature pour un poste de juge. Guy Bisson figure parmi les proches de MacMillan et exerce une très grande influence sur le parti en raison de ses indéniables talents de collecteur de fonds. C’est ainsi que le ministre Bellemare a acquiescé à la demande de MacMillan et nommé Marc Bisson sur le banc dans le district judiciaire de Longueuil, contrevenant ainsi à la pratique courante selon laquelle un juge est nommé dans le district judiciaire où il travaille. Cet exemple nous illustre l’influence de l’argent dans ces processus de nominations partisanes. La prochaine fois que l’on vous servira la sempiternelle litanie au sujet de l’indépendance des juges, de la séparation des pouvoirs et de l’intégrité du processus, souvenez vous de celle-là !



Par ailleurs, certains journalistes à la solde des intérêts corporatistes ont tenu à préciser en commentant cette nouvelle qu’il était temps que des procureurs de la couronne accèdent au banc alors que dans la pratique à peu près tous les juges de la cour du Québec sont d’anciens procureurs de la couronne. En matière de désinformation, nous atteignons ici des sommets.
Pour sa part, le criminaliste Jean-claude Hébert, avocat chevronné de la défense, confirme à l’émission « Tout le monde en parle » qu’une personne en très haute autorité lui a fait savoir que sans contact politique, ses chances d’accéder à la magistrature était nulle.
Et finalement, pour nous éclairer au sujet des ces liens troubles existants entre la politique et le judiciaire, JJ Charest au cœur de ces allégations de trafic d’influence, nomme un ancien juge de la cour suprême, Michel Bastarache, libéral notoire, du cabinet Heenan-Blaikie à la présidence de la commission d’enquête. Dans cette affaire, JJ Charest figure à titre de suspect. Or, depuis quand un suspect nomme-t-il le juge et définit-il le mandat de celui qui devra présider l’enquête à son sujet ?
Qui plus est, Michel Bastarache doit son poste de juge à une nomination partisane, ayant accédé au plus haut tribunal de ce pays par une intervention de son ami personnel Jean Chrétien, une nomination qui avait soulevé une certaine controverse à l’époque. En outre, Me Amélie Dionne-Charest, la fille de JJ Charest, travaillait encore récemment au cabinet Heenan-Blaikie, bénéficiaire de généreux contrats du gouvernement Charest. M. Bastarache figure également au sein du bureau de direction de la fondation Pierre-Elliot Trudeau. Y siège à ses côtés M. Heenan du même cabinet, Paul Desmarais Jr, l’ancien premier ministre libéral ontarien Bill Davis, Marc Lalonde, et le fils de Trudeau, Alexandre.
En guise de conclusion, je citerai ce commentaire laissé par un internaute du nom de G. Cliche sur le blogue politique de Chantal Hébert «Nous savons tous que le véritable problème est lié au financement des partis politiques (tant au provincial qu’au municipal) et de l’influence possible de la part des pourvoyeurs de fonds sur les élus. Il semble que les partis politiques actuels attaquent le Parti Libéral et le Parti Libéral contre-attaque toujours le Parti Québécois. Ce n’est pas la confiance envers nos tribunaux qui est sérieusement ébranlé en ce moment. C’est la crédibilité de nos structures politiques à travers un système de partis. Cette Commission ne permettra aucunement à rétablir la confiance populaire envers le fonctionnement social et politique au Québec. Au contraire, l’opinion et la perception générale présente une amplification de la crise actuelle de la confiance envers l’état du Québec.» Michel Bastarache devrait avoir la décence de quitter les lieux si l’image d’intégrité qui lui colle à la peau signifie encore quelque chose.

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Est-ce que les juges méritent l'immunité accordée dans l'exercice de leur fonction?

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