En 2005, du haut du pont Jacques-Cartier, les militants de Fathers-4-Justice dénonçaient déjà la corruption judiciaire sans toutefois réussir à secouer les médias de leur état d'aveuglement volontaire. Les récentes révélations devant le commissaire Bastarache concernant l'influence de l'argent dans le processus de nomination des mandarins de l'État nous démontrent que les dénonciations de l'époque étaient pleinement justifiées.
Évidemment, ceux qui sonnent la cloche ( whistle-blower ) ont souvent à subir les foudres de l'organisation incriminée par le dévoilement de ses petits secrets nauséabonds. C'est ainsi que JJ Charest et ses juges ont entrepris une véritable vendetta judiciaire ciblée sur les pères de familles déchiquetés dans la « machine à broyer les hommes » qui osaient dénoncer la mafia judiciaire sur la place publique.
Maintenant que nous sommes informés du caractère partisan des nominations gouvernementales, une des recommandations de Bastarache devrait être à l'effet que cesse toute persécution par l'état Québécois à l'encontre des militants qui les premiers ont osé alerter l’opinion publique au sujet de la corruption judiciaire.
Dans cette triste histoire, personne n'ose aborder la situation à laquelle ce père de famille était confronté pour en arriver à commettre de tels gestes de désespoir. En raison de l'assujettissement de nos tribunaux à une idéologie déviante, les hommes traduits en justice par une ex-conjointe ont l'assurance de perdre le contact avec leurs enfants, l'accès à leur domicile dont ils continuent à leur corps défendant d'assumer l'hypothèque, une partie non négligeable de leur salaire dont ils devront toutefois assumer les charges fiscales sans contrepartie, une forme moderne d'esclavagisme et par-dessus tout l’accès à la justice.
Dans ces circonstances, que reste-il alors pour maintenir la motivation et continuer à vivre ?
Ce triste sort est partagé par des milliers d’hommes chaque année au Québec et ce dans l’indifférence la plus opaque. Il aura fallu escalader les structures avant que les médias daignent enfin mentionner leur présence et mais encore, ne l'ont-ils fait d’une manière condescendante et particulièrement biaisée.
À chaque jour au Québec, trois hommes s’enlèvent la vie, souvent au terme d’une séparation acrimonieuse.
Voilà la sinistre réalité dissimulée derrière cette nouvelle qui devrait nous alerter à propos de l'intégrité de l'institution de la justice.
Voilà pourquoi le mandat confié au commissaire Bastarache doit, au minimum, être bonifié.
La vrai question que personne n'ose poser est la suivante : Pourquoi ce gouvernement et JJ Charest en particulier s'entêtent-ils à refuser d'acquiescer à une demande quasi unanime du peuple, à savoir la mise sur pied d’une véritable commission d'enquête indépendante sur les liens présumés existant entre le crime organisé, l'industrie de la construction et les partis politiques, toutes couleurs confondues ? À mon humble avis, cette sourde oreille équivaut à un aveu de culpabilité.
La commission Bastarache fut présidée par un libéral notoire, issu du cabinet Heenan-Blaikie où travaillait encore récemment Amélie Dionne-Charest, la fille du PM. Ce cabinet bénéficie en outre de plantureux contrats du gouvernement Charest, ce qui laisse dubitatif l'observateur le moindrement avisé. Plus qu'une manœuvre de diversion, cette commission de pacotille représente au mieux un grand vaudeville qui, nous sommes nombreux à le souhaiter, sera la dernière facétie du premier ministre le plus détesté de l'histoire du Québec contemporain.
En multipliant les impairs, ce gouvernement est parvenu à dilapider le capital de sympathie qu'il possédait, même au sein de ses propres rangs. Le lien de confiance est rompu. Non seulement Charest doit-il quitter dans la honte, mais avant de disparaître du radar médiatique pour aller rejoindre ses semblables ordures dans les poubelles de l’histoire, le PM devra répondre des ces allégations de proximité entre le crime organisé et les organisateurs libéraux qui, selon diverses sources convergentes, nomment les juges par un jeu de coulisse. Il s'agit d'une forme très grave de trafic d'influence sévèrement sanctionné par le code criminel. Que JJ Charest se le tienne pour dit.
Les allégations de nominations partisanes fusent de toute part. La commission municipale du Québec regroupe des juges dont la couleur politique demeure un secret de polichinelle. Les tribunaux administratifs souffrent de la même carence éthique. L’exemple du comité de déontologie policière (CDP) a fait couler de l’encre récemment suite au dépôt d’une requête en Cour supérieure par la commissaire Michèle Cohen ciblant nul autre que JJ Charest, Jacques P. Dupuis et la CDP, soupçonnés d’ingérence politique dans la conduite de son mandat, des propos corroborés par Raymonde St-Germain, protectrice des citoyens.
Les nominations partisanes concernent également les autres tribunaux administratifs tels que la Commission de protection du territoire agricole du Québec, la Commissionquébécoise des libérations conditionnelles, la Commission des transports du Québec, la Régie des alcools, des courses et des jeux, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, et la Régie de l'énergie, la commission des services juridiques, le Fonds d'aide au recours collectif, le Conseil de la justice administrative, et le Tribunal administratif du Québec (TAQ), des tribunaux sous influence...
Un système de justice intègre ?
L’état des lieux nous laisse plutôt croire que la justice de cette province est sous l’influence directe du crime organisé. « The best justice money can buy ! »
Décidément, les rebondissements de la politique provinciale n’ont pas fini de nous étonner. La controverse au sujet des nominations judiciaires et l’influence des grands argentiers du parti libéral dans ce processus opaque alimentent le sarcasme populaire au sujet de l’intégrité de l’appareil judiciaire et des sociétés d’état. Après la sortie publique de l’ancien ministre de la justice Marc Bellemare relativement à l’influence malsaine des collecteurs de fonds du parti libéral sur les nominations à la magistrature et des mandarins de l’état, nous sommes en droit de questionner s’il existe un gouvernement parallèle qui dans l’ombre dicte la ligne de conduite aux élus.
Alors que l’Affaire Bellemare alimente la machine à rumeurs, nous apprenons qu’un ancien juge de la cour du Québec, du nom de Guy Bisson, métamorphosé en organisateur du parti libéral dans l’Outaouais et prolifique collecteur de fond, a informé son député, Norm MacMillan, du fait que son fils, alors procureur de la couronne, avait soumis sa candidature pour un poste de juge. Guy Bisson figure parmi les proches de MacMillan et exerce une très grande influence sur le parti en raison de ses indéniables talents de collecteur de fonds. C’est ainsi que le ministre Bellemare a acquiescé à la demande de MacMillan et nommé Marc Bisson sur le banc dans le district judiciaire de Longueuil, contrevenant ainsi à la pratique courante selon laquelle un juge est nommé dans le district judiciaire où il travaille. Cet exemple nous illustre l’influence de l’argent dans ces processus de nominations partisanes. La prochaine fois que l’on vous servira la sempiternelle litanie au sujet de l’indépendance des juges, de la séparation des pouvoirs et de l’intégrité du processus, souvenez vous de celle-là !
Par ailleurs, certains journalistes à la solde des intérêts corporatistes ont tenu à préciser en commentant cette nouvelle qu’il était temps que des procureurs de la couronne accèdent au banc alors que dans la pratique à peu près tous les juges de la cour du Québec sont d’anciens procureurs de la couronne. En matière de désinformation, nous atteignons ici des sommets.
Pour sa part, le criminaliste Jean-claude Hébert, avocat chevronné de la défense, confirme à l’émission « Tout le monde en parle » qu’une personne en très haute autorité lui a fait savoir que sans contact politique, ses chances d’accéder à la magistrature était nulle.
Et finalement, pour nous éclairer au sujet des ces liens troubles existants entre la politique et le judiciaire, JJ Charest au cœur de ces allégations de trafic d’influence, nomme un ancien juge de la cour suprême, Michel Bastarache, libéral notoire, du cabinet Heenan-Blaikie à la présidence de la commission d’enquête. Dans cette affaire, JJ Charest figure à titre de suspect. Or, depuis quand un suspect nomme-t-il le juge et définit-il le mandat de celui qui devra présider l’enquête à son sujet ?
Qui plus est, Michel Bastarache doit son poste de juge à une nomination partisane, ayant accédé au plus haut tribunal de ce pays par une intervention de son ami personnel Jean Chrétien, une nomination qui avait soulevé une certaine controverse à l’époque. En outre, Me Amélie Dionne-Charest, la fille de JJ Charest, travaillait encore récemment au cabinet Heenan-Blaikie, bénéficiaire de généreux contrats du gouvernement Charest.M. Bastarache figure également au sein du bureau de direction de la fondation Pierre-Elliot Trudeau. Y siège à ses côtés M. Heenan du même cabinet, Paul Desmarais Jr, l’ancien premier ministre libéral ontarien Bill Davis, Marc Lalonde, et le fils de Trudeau, Alexandre.
En guise de conclusion, je citerai ce commentaire laissé par un internaute du nom de G. Cliche sur le blogue politique de Chantal Hébert «Nous savons tous que le véritable problème est lié au financement des partis politiques (tant au provincial qu’au municipal) et de l’influence possible de la part des pourvoyeurs de fonds sur les élus. Il semble que les partis politiques actuels attaquent le Parti Libéral et le Parti Libéral contre-attaque toujours le Parti Québécois. Ce n’est pas la confiance envers nos tribunaux qui est sérieusement ébranlé en ce moment. C’est la crédibilité de nos structures politiques à travers un système de partis. Cette Commission ne permettra aucunement à rétablir la confiance populaire envers le fonctionnement social et politique au Québec. Au contraire, l’opinion et la perception générale présente une amplification de la crise actuelle de la confiance envers l’état du Québec.» Michel Bastarache devrait avoir la décence de quitter les lieux si l’image d’intégrité qui lui colle à la peau signifie encore quelque chose.