À l’automne
2003, Roger Ferland,
l'enquêteur de police en charge du dossier de la prostitution juvénile connu sous le vocable « Enquête Scorpion » indiquait
devant le tribunal que l'une des présumées proxénètes, Nadine
Gingras, avait déclaré, dans une conversation
téléphonique enregistrée par la police, avoir des ministres parmi ses clients. Le
ministre de la Justice et Procureur général, Marc Bellemare, a demandé alors
aux procureurs de la Couronne chargés du dossier de la prostitution juvénile à
Québec de réviser l’ensemble de la preuve dont ils disposaient afin de dissiper
tous les doutes concernant l’implication de ministres ou députés de l’Assemblée
nationale à titre de clients du réseau. Et le gouvernement Charest a toujours
refusé, sous prétexte de ne pas nuire au dossier devant les tribunaux, de
rouvrir l’enquête Scorpion, malgré la demande
incessante de la population en ce sens. «Que l'on continue!», clamaient la
population dans la rue.
Au printemps
2004, lors du procès de Robert Gillet, une conversation en arabe libanais entre
le proxénète Georges Radwanli et une personne non identifiée fut mise en preuve
au tribunal. Dans cet échange, Radwanli propose à son interlocuteur les
services d’une avocate, Me Suzanne Corriveau, bien connue à Québec. Cette avocate a la réputation de gagner
ses causes à coup sûr car c'est elle qui fournit de jeunes prostituées à
certains juges de la Cour supérieure. Un nom de juge a même été mentionné
devant la Cour.
En date du
24 mars 2004, une équipe de TVA a récupéré le repiquage de la conversation et
fait traduire le tout. La diffusion de la nouvelle au journal de 17h eut
l’effet d’une bombe. À peine 2 heures plus tard, Marc Bellemare, alors
ministre de la justice, improvise un point de presse, annonçant la
nomination éminente d'un procureur spécial pour faire "toute la
lumière" au sujet de ces allégations. À 22h, plus rien. Pas un mot, nulle
part sur aucun réseau. D'où provenaient ces ordres? À peine un mois plus tard, Marc Bellemare démissionnait du
gouvernement.
D'une source
de Québec qui préfère préserver l'anonymat, le juge Frank Barakett serait
impliqué. Il s’agit d’un controversé personnage de la cour supérieure qui
de plus avait été identifié dans le cours de l'enquête comme ayant reçu des pots de vins des accusés
libanais. Son nom fut mentionné publiquement, mais pas trop fort.
Le juge
Richard Grenier serait également impliqué, mais son nom n'a jamais paru publiquement.
C’est ce même juge qui a conseillé Robert Gillet dans sa poursuite
intentée contre Jeff Fillion.
Le lundi 18
octobre 2004 au soir, huit personnes sont attablées au café d'Europe à Québec
célébrant l'anniversaire de François Houle, acquitté dans le dossier de la
prostitution juvénile, ex-conseiller du premier ministre Bernard Landry, et
ex-représentant chez National communications.
Parmi les convives,
nous retrouvons...
Robert Gillet,
reconnu coupable dans le scandale de la prostitution juvénile d'avoir eu recours aux services de prostituées mineures.
Me Suzanne
Corriveau, fille de l'avocat Lawrence Corriveau, mort en 2001, était selon des sources fiables un client notoire de
la prostitution juvénile de Québec depuis des décennies. Mme Corriveau est
également la sœur de Richard Corriveau, mais qui n'est plus maître de grand chose depuis qu'il purge une peine de prison pour des affaires de fraude et de blanchiment d'argent et qu'il est radié à vie du barreau.
Au terme du processus judiciaire, la peine infligée au proxénète Radwanli représente à elle seule un véritable scandale. Radwanli a été reconnu coupable de neuf chefs d'accusation de rapports
sexuels avec des mineures, coupable d'incitation d'adultes à avoir des rapports
sexuels avec des enfants, coupable de trafic de substances interdites et
coupable d'exploitation d'une maison de débauche. Il a été condamné à purger 18
mois dans son propre appartement et à effectuer 200 heures de services
communautaires.
Peu de temps
avant le déclenchement des présentes élections, Charest annonçait en
grande pompe la mise sur pied d'une commission d'enquête, réclamée par personne
et tout à fait inutile à mon humble avis, sur le phénomène des aménagements
raisonnables. À la lumière des récentes révélations relatives à la proximité existant entre le crime organisé et le gouvernement corrompu de Charest, il importe de permettre aux enquêteurs de finaliser le travail entrepris dans le cadre de l'enquête Scorpion afin de traduire en justice les clients connus du réseau de prostitution juvénile et mettre ainsi un terme à la culture d'impunité dont bénéficie la classe politique de cette province.
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